Et le Parlement a accepté la révision de la Constitution et vont bientôt voter le projet de loi autorisant la ratification du traité européen.
Saint-Cloud, le 4 février 2008
LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES FRANÇAIS
Madame, Monsieur le Député,
Madame, Monsieur le Sénateur,
Le 29 mai 2005, près de 16 millions de Français, reprĂ©sentant 55 % des suffrages exprimĂ©s, ont votĂ© “non” au traitĂ© constitutionnel europĂ©en.
La France est une dĂ©mocratie oĂą la souverainetĂ© appartient au Peuple dont vous ĂŞtes les reprĂ©sentants. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique ne peut Ă lui seul dĂ©cider de dĂ©faire par voie parlementaire, c’est-Ă -dire avec votre complicitĂ©, ce que le Peuple a fait directement. Il est mensonger de qualifier de ” mini-traitĂ© ” ou de ” traitĂ© simplifiĂ© ” un texte qui est l’exacte copie, sur le fond, de celui rejetĂ© par les Français.
Vous portez, devant l’Histoire et devant les Français, une immense responsabilitĂ© : celle de faire respecter le suffrage universel et populaire, et de rendre au peuple de France le droit de dĂ©cider lui-mĂŞme de son destin. Ou bien celle de mettre fin Ă quinze siècles d’une indĂ©pendance nationale si chèrement acquise et dĂ©fendue par les sacrifices des gĂ©nĂ©rations qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s.
Tout concourt en effet Ă crĂ©er ce super-Etat dont la France morcelĂ©e en euro-rĂ©gions ne serait plus qu’une collectivitĂ© locale : un prĂ©sident unique, une politique Ă©trangère et de sĂ©curitĂ© officiellement alignĂ©e sur celle de l’OTAN, donc des Etats-Unis, la disparition de toute autonomie en matière financière, Ă©conomique, sociale, dans un ensemble ouvert Ă tous les flux extĂ©rieurs de capitaux, de marchandises et d’immigration. Avec des consĂ©quences politiques, dĂ©mographiques, Ă©conomiques, sociales, dĂ©sastreuses pour notre peuple.
Beaucoup d’entre vous ont hĂ©las dĂ©jĂ acceptĂ© de mettre en conformitĂ© la Constitution française avec ce traitĂ© de Lisbonne. Mais l’abstention politicienne comme le ralliement aux ordres de l’ElysĂ©e ne constituent en l’espèce que deux manières diffĂ©rentes de trahir la France, dont ce traitĂ© signe la disparition comme nation souveraine, et les Français, dont la volontĂ© est mĂ©prisĂ©e.
C’est pourquoi, par delĂ nos lĂ©gitimes divergences politiques, nous vous demandons solennellement de refuser la ratification de ce traitĂ© les 6 et 7 mars prochain.
Veuillez agrĂ©er, Madame, Monsieur le DĂ©putĂ©, Madame, Monsieur le SĂ©nateur, l’expression de nos sentiments nationaux.
Le Bureau Politique
du Front National