Éditorial (extraits) de Jeanne Smits dans le Présent du jeudi 14 juin 2007*
Fracture : elle a été perceptible dans le discours brouillé de la campagne, ouverte, quoi qu’on en veuille, sous le signe de la laïcité révolutionnaire à Valmy, marquée de déclarations médiatiquement consensuelles et éventuellement fluctuantes sur l’islam, le vote beur, l’euthanasie, l’avortement, le pacs… Je sais bien que cela n’est pas le tout de cette campagne ; et aussi que l’électorat contrarié par ce discours ne pèse pas lourd, hélas, par les temps qui courent. Mais enfin il s’est senti contrarié.
Et celui qui était courtisé n’est pas venu.
Et la dédiabolisation qui devait permettre au Front de devenir un parti de gouvernement a fonctionné : juste le temps de persuader qu’il se voulait un parti comme les autres. Cela lui a coûté cher. Car il n’a pas vocation à l’être.
Car enfin, quelle différence fondamentale y a-t-il à perdre avec 12 ou 18% des voix, ou 4 ? Le drame, c’est de ne pas avoir gagné. La tragédie est devant nous : dans l’enterrement sans pompe d’une France qui pourtant respire encore, comme en avait témoigné ce non à la Constitution européenne que Sarkozy s’est engagé à gommer au plus vite (réservant même son premier acte de Président à un voyage éclair chez Angela Merkel). Est-ce à cela qu’il doit son élection ?Nombreux sont les internautes qui glosent sur la défaite et sur les responsabilités. J’observe sur les sites de discussion que l’électorat (et parfois l’ex-électorat) du Front est partagé. D’un côté, on trouve ceux qui récusent l’idée d’un « parti catholique » (ils ont raison, soit dit en passant, c’est une contradiction dans les termes).
De l’autre, il y a ceux qui jugent, pour des raisons qui peuvent être ou ne pas être religieuses, qu’il est vain d’espérer obtenir quoi que ce soit tant qu’on ne travaille pas d’abord à rétablir la société sur des bases saines. Il s’agit empêcher que les cellules familiales qui sont le tissu même de l’organisme social ne soient davantage fragilisées, détruites ou carrément contredites, tout en travaillant à leur juste promotion ; mettre fin au suicide programmé par la culture de mort et dont la politique d’immigration et tant de désastres qui accablent la France ne sont que des corollaires ; s’opposer à l’assassinat des âmes en affirmant et en promouvant le droit d’éduquer des familles… La liste est longue et elle donne la couleur de nos engagements d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Politiques, et aussi personnels. La défaite des urnes n’y fait rien, sinon rendre peut-être la tâche plus difficile, et donc plus urgente.
Source : PrĂ©sent (en libre lecture sur la page d’accueil)
* Mais n’est-ce pas demain ???